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4 novembre 2026
L’organisation environnementale de droit gabonais Brainforest salue la signature, le 3 novembre 2026, des accords de commercialisation d’environ six millions de tonnes de crédits carbone entre la République gabonaise, représentée par l’Agence gabonaise pour le développement de l’économie verte (AGADEV), et la société allemande SEFE (Securing Energy for Europe), détenue par l’État fédéral allemand.
Cette opération constitue une avancée majeure dans la reconnaissance internationale des efforts consentis par le Gabon en matière de conservation de ses écosystèmes forestiers et de lutte contre les changements climatiques. Elle marque également une étape importante dans la valorisation économique du capital naturel national.
Une première historique qui confirme le leadership environnemental du Gabon
En devenant le premier pays africain à commercialiser des crédits carbone juridictionnels issus de la préservation de ses forêts et éligibles au mécanisme CORSIA, le Gabon franchit un nouveau cap dans son engagement en faveur de la protection du climat mondial.
Pour Brainforest, cette transaction démontre que la forêt tropicale, longtemps considérée essentiellement sous l’angle de sa valeur écologique, peut également constituer un levier stratégique de développement économique, à condition que sa valorisation repose sur des mécanismes crédibles, transparents et respectueux des droits des populations.
Cette reconnaissance internationale vient récompenser, au-delà des politiques publiques, les efforts de plusieurs générations de Gabonaises et de Gabonais qui ont contribué à préserver ce patrimoine forestier exceptionnel.
La valorisation du capital naturel doit bénéficier à l’ensemble de la Nation
Brainforest considère cependant que la réussite de cette opération ne saurait être appréciée uniquement à travers le volume de crédits carbone commercialisés ou les perspectives de recettes financières pour l’État.
Elle devra également être mesurée à l’aune de ses retombées économiques, sociales et environnementales pour les populations qui vivent au contact des forêts et contribuent quotidiennement à leur préservation.
À cet égard, Brainforest insiste particulièrement sur les exigences suivantes :
• La transparence financière : rendre accessibles les principales informations relatives aux conditions de commercialisation, notamment les prix de cession, les recettes attendues et les modalités de gestion des revenus.
• Le partage équitable des bénéfices : garantir aux communautés locales et aux populations autochtones une participation effective aux retombées financières générées par la valorisation du patrimoine forestier national.
• La gouvernance du marché carbone : mettre en place un cadre réglementaire clair, robuste et inclusif, garantissant la traçabilité des transactions et l’intégrité environnementale des crédits commercialisés.
• La reconnaissance des droits des communautés : veiller à ce que les mécanismes de valorisation du carbone respectent les droits fonciers, les droits d’usage et les moyens de subsistance des populations concernées.
• La pérennité des engagements climatiques : maintenir un haut niveau d’exigence en matière de suivi, de vérification et de préservation effective des écosystèmes forestiers.
enfin le renforcement du cadre juridique sur cette question.
Faire de la forêt un patrimoine vivant et une richesse partagée
Brainforest rappelle que la forêt gabonaise n’est pas seulement un patrimoine naturel à protéger. Elle représente également un patrimoine culturel, social et économique dont dépendent des milliers de familles et de communautés.
La commercialisation des crédits carbone ne doit donc pas être une simple opération financière. Elle doit inaugurer un modèle de développement dans lequel la conservation de la biodiversité, la lutte contre les changements climatiques, la justice sociale et l’amélioration des conditions de vie des populations avancent ensemble.
Brainforest encourage ainsi les autorités gabonaises à poursuivre cette dynamique, tout en veillant à ce que les engagements annoncés en matière de redistribution des bénéfices et de gouvernance soient effectivement traduits en mécanismes opérationnels.
Brainforest félicite les autorités gabonaises et l’ensemble des experts nationaux qui ont contribué à cette réalisation.
Cette première historique pour l’Afrique doit désormais ouvrir la voie à une nouvelle ambition : faire de la préservation des forêts un véritable moteur de souveraineté économique, de justice environnementale et de développement durable.
Car protéger la forêt, c’est aussi investir dans l’avenir des générations présentes et futures.
Le Secrétaire Exécutif
Martial Djinang