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Célébration de la première journée communautaire de justice sociale à Minvoul

A l’initiative de la dynamique « Gabon Ma Terre Mon Droit », la commune de Minvoul, chef-l


Par Brainforest - 31/12/1969 à 19:00:00 - Modifié le 31/12/1969 à 19:00:00

Tout a commencé par les civilités aux autorités de l’Administration locale, la veille de l’évènement. Ainsi, l’équipe constituée des membres de trois (3) ONG de la plateforme « Environnement Gabon », à savoir Brainforest, représentée par Olivier MEYE, Elik Minkebe, représentée par Mathurin MEYE, H2O, représentée par Alain ENGONE et AGAFI, représentée par Jeanne-Marthe Minkoue a rendu visite tour à tour au Secrétaire général de Préfecture représentant le préfet empêché, au Président du Conseil départemental du Haut-Ntem, puis à l’adjoint au maire de la commune de Minvoul.  Le but de la démarche était d’informer ces autorités de la célébration prévue le lendemain dans la commune, mais aussi de convier ces dernières à y prendre part. Toute chose qui  a été appréciée par ces responsables administratifs.

Après cette démarche préliminaire, l’équipe de mission chargée d’organisée la journée à Minvoul s’est déployée sur le terrain. Mobilisation des populations, location de tentes et autres espaces, sono et chaises, sélection des participants aux différentes épreuves et autres concours prévus, achats ; voilà entre autres missions confiées aux uns et aux autres membres de l’équipe, afin de garantir le succès de la manifestation. Des tâches accomplies  grâce à l’appui et à l’aide de certains partenaires locaux, ainsi qu’à l’implication des communautés rurales et autochtones.

Tôt dans la matinée du 23 février, jour de la célébration, le coup d’envoi des manifestations a été donné avec le départ du cross qui s’est couru dans les rues de la commune de Minvoul. Une vingtaine de jeunes, filles et garçons, ont pris le départ de cette course dont le point de départ/arrivée se situait au stade municipal, lieu retenu pour les manifestations. Ainsi, durant près d’une heure d’horloge, les artères de la ville ont vibré au rythme trépidant de la course. Surpris au départ par l’effervescence occasionnée par cette compétition matinale, les habitants Minvoulois se sont agglutinés le long du parcours pour applaudir et encourager les compétiteurs. Une moto-taxi, klaxonnant à tue-tête, ouvrait la voie aux coureurs. Derrière, le véhicule affecté par Brainforest à la mission faisait office d’ambulance en ramassant les victimes de chutes ou ceux qui abandonnaient la compétition et en distribuant de l’eau et des jus de fruits aux coureurs. Ce fut un moment palpitant jusqu’à l’arrivée, où une foule nombreuse attendait pour ovationner les athlètes.       

Après cet effort physique, les neurones prenaient le relais avec le concours d’orthographe qui a rassemblé les élèves des deux établissements secondaires de la localité.  La dictée, axée sur le thème du droit foncier, a captivé l’attention de la vingtaine d’élèves en compétition, sous la supervision des enseignants de français des deux établissements en lice.

Alors que se déroulaient ces différentes épreuves, la ville de Minvoul se remplissait petit à petit avec l’arrivée progressive des populations rurales, transportées par un bus affrété pour la circonstance par les organisateurs. Par ailleurs, la communauté des peuples autochtones, arrivée plus tôt sur le site de la manifestation, commençait la construction des huttes et déployait son exposition d’objets d’art. Les femmes, fang et pygmées, retenues pour l’exposition culinaire, s’affairaient également. Quelques groupes de danses traditionnelles échauffaient déjà l’ambiance du stade municipal  avec leurs chants et pas de danse endiablés.

Après cette mise en place des différentes activités sur le site, les populations ont été conviées à la salle des fêtes de la mairie de Minvoul pour une cérémonie protocolaire d’ouverture officielle de la Journée communautaire de justice sociale. Là, les autorités administratives locales ont livré leurs messages. D’abord le maire adjoint de Minvoul, Richard Essone Emane, qui a souhaité la bienvenue aux participants, tout en indiquant que « Minvoul est très honoré d’avoir été choisi pour abriter cet évènement ».

Pour sa part, le représentant de la dynamique « Gabon, Ma Terre, Mon Droit », Mathurin Meye, par ailleurs président de l’ONG Elik Minkebe, a, dans son adresse, indiqué que pour la société civile, « Parler de justice sociale, c’est parler de l’égalité des droits pour tous et chacun. La justice, pour nous, exclut les frustrations. Lorsqu’elle est bien pratiquée, elle devient un facteur de développement ». Et ce dernier de poursuivre en indiquant que « nous saisissons cette précieuse occasion pour dire à l’Etat, à travers ses dirigeants, que l’insécurité foncière devrait prendre fin ». M. Meye a toutefois précisé que « la société civile est une force de proposition, mais c’est l’Etat qui décide ».

Prenant enfin la parole pour donner le top des festivités, le Secrétaire général de la préfecture de Minvoul, Emmanuel Nzé Ovono, a, dans son discours, indiqué qu’à travers les différentes thématiques retenues pour célébrer cette journée de la justice sociale, notamment celle relative à la gestion domaniale et foncière, la société civile a mis le doigt sur une question d’importance qui préoccupe au premier plan les plus hautes autorités de la République. Et ce dernier de poursuivre en mettant un accent particulier sur le choix de la ville de Minvoul pour abriter cette manifestation. En effet, dira-t-il, le chef lieu du département du Haut-Ntem est un site particulier, en ce qu’il accueille l’une des plus fortes communautés des peuples autochtones, notamment les pygmées Baka. L’autre particularité de Minvoul est qu’il abrite aussi le parc de Minkebe, un des plus riches de la sous-région. Le département accueille également de nombreux et grands projets de développement. Aussi, estime le secrétaire général de la préfecture de Minvoul, l’Etat et la société civile doivent-ils  « travailler de concert, afin que la distribution des richesses, de quelque ordre soient-elles, se fasse d’une façon juste et équitable ». Pour Emmanuel Nzé Ovono, « la justice sociale implique également le devoir de protéger la dignité de chaque être humain en lui offrant un milieu de vie valorisant ».

Les manifestations relatives à cette célébration se sont poursuivies au stade municipale de Minvoul avec la prestation des groupes de danses traditionnelles fang et pygmées, des jeux de société dont un cross, un concours d’orthographe, un match de football, une exposition d’art pygmée et un concours d’art culinaire pygmée et fang. De nombreuses récompenses ont été attribuées aux participants.

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